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APR Sédhiou- Abdoulaye Diop, Jean Pierre Senghor, Ibrahima Touré: la guerre des trois aura-t-elle lieu?

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J’ai dernièrement eu un long échange au téléphone avec un ami de l’APR qui, déboussolé par le sectarisme qui sévit dans son parti à Sédhiou, m’a interrogé: Mass, que penses-tu du trio Jean Pierre Senghor, Abdoulaye Diop et Ibrahima Touré à quelques mois des élections locales ? Respectivement, Secrétaire Exécutif du Conseil National de la Sécurité Alimentaire, Ministre de la culture et de la communication et actuel maire de Sédhiou, Inspecteur du Trésor. Je voudrais avoir tes analyses en tant que chroniqueur, a-t-il conclu.

Alors que les élections locales se profilent à l’horizon, le théâtre d’ombres qu’est devenu la scène politique Sédhioise se révèle dans la capitale du Pakao, où la guerre des clans bat son plein. À tous les étages, ce ne sont que rivalités impitoyables, coups Jarnac et chaussetrapes.

Les scénarios politiques dans l’APR Sédhiou, lui disais-je, me rappelle le célèbre film PRISON  BREAK  où le héros Michael Scofield, rusé et efficace, dessine le plan de la prison pour atteindre l’objectif qui est de s’évader. Ici, avec l’APR, même si chacun est, comme dans PRISON BREAK, dans des calculs politiques pour tirer son épingle du jeu, l’objectif c’est de faire gagner le parti (APR) à Sédhiou. Le Scofield du groupe, maître du jeu politique de son parti, orchestre donc la victoire…

En quelques années, l’échiquier politique Sédhiois a été bouleversé par la prolifération des mouvements créés par des leaders de l’APR. On a assisté à la création du MAS (Mouvement Action Solidaire) par Jean Pierre Senghor et, dernièrement, PROMES (Promouvoir l’Émergence à Sédhiou avec le Président Macky Sall) par Ibrahima Touré sans parler des mouvements de jeunes de tous bords qui viennent élargir la liste.

Si Jean Pierre Senghor affirme à cor et à cri que son mouvement est apolitique, Ibrahima Touré, lui, s’est engouffré dans le vieux marigot politique Sédhiois. Tristam Shandy avait raison de noter que « la vie est faite de choix et d’options ». Certes, notait le Cardinal de Retz, « en politique quand on sort de son ambiguïté on meurt », mais tout porte à croire que le  » boss « , pour reprendre l’expression de ses collaborateurs, doit se défaire de cette ambiguïté pour poser un acte de courage: s’engager en politique.

J’ai une grande admiration pour Monsieur Senghor parce qu’il est un intellectuel brillant et il connaît son domaine (agroalimentaire). Mais, entretenu dans une ambiguïté intrigante dont lui seul détient le secret, il efface son nom dans le panthéon des leaders forts de l’APR Sédhiou. Et pourtant, il a une personnalité qui force le respect. Il a de la suite dans les idées… Bref, un package politique qu’il pouvait exploiter à bon escient. Même s’il faut noter qu’il est, contrairement a Abdoulaye Diop et Ibrahima Touré, difficile d’accès. « Je ne fais pas de la politique, mais je soutiens le Président Macky Sall », aurait-il dit. Bah ! C’est un choix de vie aussi…

Ibrahima Touré, dont l’irruption en politique a été le fruit d’un amateurisme sans précédent, doit certainement revoir sa méthode et sa stratégie de persuasion. Monsieur Touré, me semble-t-il, a fait une erreur dès le départ. Une entrée politique doit être calculée, car c’est d’elle que dépend le succès d’un leader. Le quand, le où et le comment devraient être le fil conducteur de sa démarche.

En effet, Ibrahima Touré est un homme que j’ai rencontré plusieurs fois quand j’étais secrétaire général de l’Association Culturelle des Étudiants de Sédhiou. Un homme d’une gentillesse impressionnante. Un homme très sensible à la condition des étudiants. Un grand Monsieur. Le seul reproche que je fais à Monsieur l’Inspecteur est qu’il n’identifie pas les étudiants qui l’estiment. Avec lui, il faut toujours se présenter parce qu’il ne reconnait souvent pas les visages. Non ! c’est une boutade… Lol

L’erreur politique qu’Ibrahima Touré a faite selon moi, c’est d’avoir contourné les jeunes universitaires qui l’apprécient tant pour tout le bien qu’il a fait et pour son parcours au sein de l’UCAD, marqué par la création de l’ACES dont il a été le premier président. Je connais beaucoup d’étudiants qui, sans l’affirmer, l’attendaient sur la scène politique. Il a certainement oublié que toutes les grandes révolutions ont pris leur envol au sein des universités. Monsieur Touré devait être coaché et trusté par des jeunes étudiants, comme l’a été Abdoulaye Diop, pour assurer une entrée fracassante. 

Mon Inspecteur, les raisons d’une victoire électorale sont toujours multiples. C’est à des fins tactiques et stratégiques que l’on arrive à ébranler le rempart d’indifférence du public. Vous avez le charisme, un parcours atypique, une grande capacité intellectuelle, mais il vous faut un remake politique. Il vous faut une équipe expérimentée, audacieuse, un marketing et une communication politique efficaces pour se faire une place sur l’échiquier politique Sédhiois.

À y voir de près, le temps des certitudes et des scénarios écrits d’avance sont révolus. Au lendemain de l’élection de Macky Sall, Abdoulaye Diop, que certains caciques de l’APR voyaient tout droit vers le chaos, a été nommé ministre de la Culture et de la communication. Cette nomination change totalement le jeu politique et invite les leaders ambitieux de l’APR à revoir leur démarche politique.

Pour moi, il faut le dire sans ambages, le Président Macky Sall a confiance à Abdoulaye Diop. C’est-à-dire, il croit que l’édile de Sédhiou est plus apte à faire gagner l’APR dans sa commune. Sans jalousie aucune, je crois que pour Macky, le gars est un gars sûr. La rigueur politique avec laquelle la sélection du gouvernement a été faite m’autorise à penser que Macky Sall à l’intime conviction qu’Abdoulaye Diop est le leader incontestable de l’APR capable de créer un rapport de force sur le terrain.

Au passage, il faut dire qu’avant décembre la donne peut changer. J’ai eu écho d’un plan qui, s’il est bien déroulé, peut faire basculer le poids politique de monsieur le maire. Une élection n’est jamais gagnée d’avance. Tout est possible… Tout dépend du rôle que Jean Pierre Senghor jouera. Comment Ibrahima Touré va s’y prendre ? Comment Abdoulaye Diop va organiser son armée mexicaine fracturée par une guerre de positionnement ?

Reste que l’opposition doit s’unir autour d’un leader fort, charismatique, expérimenté, fédérateur qui peut mobiliser les troupes comme ce fut le cas lors des élections référendaires de 2016… Une démarche autre que celle-ci va émietter l’opposition et chacun fera son balluchon. C’est évident.                                                                                                                                  

El Hadji Omar Massaly

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