Restons Connectés

Les Pensées

Et si la mort était la leçon ?

Publié

on

« La mort est inscrite dans la nature même de la vie. » Edgar Morin

J’aime la vie ; cela se dit par tout un chacun. Mais qu’est-ce qui fait la valeur de la vie ? C’est là une question qui doit constituer le point de départ. Mon Dieu ! Les hommes sont souvent plongés dans les délices d’une existence trompeuse. La richesse, la renommée, le triomphe et le succès sont de l’ordre de l’éphémère. Toute notre vie est tissée du fil de la convenance. J’entends par convenance cette installation paisible dans une activité qui nous épargne toute méditation profonde sur notre précaire présence sur terre. La faiblesse corporelle, la maladie, la mort sont les choses honteuses de notre époque.

Hier, mon collègue Sory Koté m’a filé un livre de haute facture. Il s’agit de La mort intime de Marie de Hennezel. Ceux d’entre les mortels qui s’oublient en oubliant leur finitude sont plus à plaindre. Oui, quand des moments de joie s’offrent, il faut les vivre intensément. La vie est un chemin. Au bout du rouleau, quelque chose qui nous dépasse se présente. C’est le charme de l’énigme.

Avec la logique de la rentabilité matérielle, on a fait de l’hôpital le lieu de la mort. Les parents n’assistent plus maintenant aux derniers instants d’un des leurs. C’est là que commence l’oubli de l’humain. La mort doit vraiment nous apprendre quelque chose de la vie.

Je reviens sur ce magnifique livre dont la lecture me tire des larmes en pensant à ma mère et à ma grand-mère. Marie de Hennezel dit fort justement : « La vie m’a appris trois choses : la première est que je n’éviterai ni ma mort ni celle de mes proches. La deuxième est que l’être humain ne se réduit pas à ce que nous voyons ou croyons voir. Il est toujours infiniment plus grand, plus profond que nos jugements étroits ne peuvent le dire. Il n’a, enfin, jamais dit son dernier mot, toujours en devenir, en puissance de s’accomplir, capable de se transformer à travers les crises et les épreuves de la vie. ».

L’ancien président de la République française, François Mitterrand, qui a signé la préface a eu le génie de noter : « la mort peut faire qu’un être devienne ce qu’il était appelé à devenir ; elle peut être, au plein sens du terme, un accomplissement. »

Finalement, c’est le sous-titre du livre qui dit tout : Ceux qui vont mourir nous apprennent à vivre.

Ibou Dramé SYLLA
Ce 25 juin 2019

Publicité
Cliquez pour commenter

Laisser une Réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Publicité
Publicité