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Et si Macky avait raison

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       «  La citoyenneté » a été le maitre mot et le demeure depuis le début du  nouveau mandat du président de la République.  Cette expression est devenue, en tout cas, un leitmotiv dans sa stratégie de communication. Le locataire du palais est revenu maintes fois sur cette notion. La teneur du discours, de même que l’appel fait aux populations, témoignent de la volonté du chef de l’Etat à asseoir une véritable République des valeurs. Une nation dans laquelle, le respect de l’autre, de son environnement et de l’éthique seront érigés en règle d’or. C’est l’éminent juge, le regretté Kéba Mbaye, en citoyen averti, qui laissait entendre dans son discours inaugural, tenu à l’UCAD : « Debout pour le travail et l’éthique avant qu’il ne soit trop tard, debout en nous rappelant devant chaque choix, chaque action et pensée d’Emmanuel Kant, demandons-nous à chaque fois que nous sommes appelés à adopter un comportement non éthique ce que serait la vie si chacun faisait comme nous ? Demandons-nous ce que serait une société de délateurs, de corrompus et de corrupteurs, d’indisciplinés, d’égoïstes et de fraudeurs ? Ce serait une société vouée à l’échec, à la déchéance et à la misère. »

C’est dommage que ces belles paroles soient tombées dans l’oreille d’un sourd, car des actions non citoyennes ont fini de meubler notre quotidien. Il suffit d’une petite promenade dans les rues de Dakar pour en avoir la preuve la plus éclatante. Il semble que le laisser-aller et le je-m’en-foutisme se sont érigés en règles absolues dans la circulation routière. Un jour, pendant que je quittais mon domicile pour me rendre au centre ville, j’ai eu la surprise de ma vie. Un spectacle désolant venait de se dérouler sous mes yeux : un chauffeur de transport public s’est offert le plaisir de faire demi-tour au beau milieu de la route ; la voiture était sans frein et le policier d’à côté, l’air évasif,  était préoccupé par tout un tas de choses futiles. Le voyage se poursuivant, cinq minutes plus tard, ce sont trois enfants de moins de 12 ans, bride du cheval à la main de l’un d’entre eux, qui conduisent une charrette, en pleine circulation routière.

L’invite du chef de l’Etat à un changement radical de comportement tient lieu de ce constat très amer. L’espace public sénégalais est mal occupé ; chacun fait ce que bon lui semble sans aucun souci de cette « commune volonté de vie commune ». Sommes-nous tout à fait libres dans une société régie par des lois et des normes ? Notre liberté ne s’arrête-t-elle pas là où commence celle des autres ? En tout cas, force est de constater que les mauvais actes posés de part et d’autre par les citoyens sont en train de coûter lourdement cher à l’économie du pays. Le bilan en perte matérielle est estimé en milliards. L’imprudence et le manque de civisme peuvent être considérés comme les facteurs responsables des incendies répétitifs. Presque tous nos marchés se sont embrasés : le marché de Thiaroye, le marché de Tilène à Ziguinchor, le grand marché de Kaolack, le marché Ocas de la ville sainte de Touba, le marché de Petersen, le marché central de Tambacounda, pour ne citer que ceux-là.

.A mon sens, ceci relève également de la responsabilité des maires, car les marchés font partie du patrimoine des communes. Cette situation anarchique rend difficile la tâche aux sapeurs pompiers pour venir à bout du sinistre.

En outre, les routes sont devenues des cimetières, compte tenu de leur impraticabilité. Ce qui est contradictoire, c’est que même les routes les plus luxueuses ne font pas exception à cette règle. Et dire que ces infrastructures routières ont coûté toute une fortune à ce cher Sénégal. La mort prématurée du célèbre artiste du groupe de Rap « Guélongal » est encore fraîche dans nos mémoires.

Dans la foulée, l’Etat protecteur surveille mal ; il veille négligemment sur le bien-être des citoyens. Ce qui fait que la société vit dans une insécurité permanente. A ce propos, meurtres, viols et agressions choisissent quotidiennement leurs victimes parmi les couches vulnérables de la société. Nos gouvernants sont faibles, ils votent des lois, mais leur applicabilité fait défaut. Qu’en est-il de la loi contre les sachets plastiques ? De la loi contre l’usage de la cigarette en milieu public ? Au pays de Ndoumbélane, on a une très grande assemblée composée de près de cent cinquante députés de toutes les couleurs, qui ne sont bons qu’à lever le doigt et à applaudir des lois pour le compte de sa « majesté ». Ils sacrifient donc les intérêts du peuple à l’autel du mensonge et à la dilapidation des biens publics. Si dans un pays le principe de la séparation des pouvoirs n’existe que de nom, il est impensable d’aspirer à l’équité et à la transparence.

Somme toute, le vieil adage dit qu’ « un peuple n’a que les dirigeants qu’il mérite ». Il convient de constater justement que les responsabilités sont partagées, car l’Etat c’est nous sans distinction de races ni d’ethnies. Comparaison n’est certes pas raison, mais les Sénégalais gagneraient à s’inspirer des modèles rwandais et allemand qui sont aujourd’hui de bels exemples en termes de valeurs civiques et de progrès. Chers compatriotes, il est temps que nous tournions la page des contre- valeurs ; le moment est venu que nous mettions l’intérêt du pays en toute chose et à tout moment. Pour ce faire, il nous faut nous engager dans la voie d’une nouvelle citoyenneté, car notre cher pays ne sera que ce que nous voulons qu’il soit. Il y va de l’intérêt du Sénégal. Notre nation ne saurait prospérer sans la centralisation du savoir, de la compétence et de l’honnêteté.

Younous Sall / you.sall@yahoo.fr/ Coordonnateur du mouvement Arc-en-ciel/ SEDHIOU

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