Restons Connectés

Sports

L’antisèche : Un miracle oui, un hold-up certainement pas

Publié

on

LIGUE DES CHAMPIONS – Il n’y avait qu’un miracle pour permettre à Tottenham de sortir vainqueur d’une situation désespérée face à l’Ajax Amsterdam. Encore fallait-il réussir à le provoquer. Lucas Moura y est parvenu. Mauricio Pochettino aussi.

Le jeu : La maîtrise toute relative de l’Ajax a volé en éclats

L’Ajax ne voulait laisser aucune place au doute. Et a tout fait pour l’éviter. Plutôt bien, même : pas franchement intimidés par l’enjeu, les Lanciers ont débuté la rencontre comme ils savent si bien le faire. Avec du rythme, beaucoup, et de la maîtrise, surtout. Mais, confortés par l’ouverture du score précoce de De Ligt (5eme), les hommes de Ten Hag ont laissé de l’espace.

Le pressing haut des Ajacides, dans les trente derniers mètres de Tottenham, a perturbé la première relance des Spurs qui ont fini par trouver la parade en sautant le premier rideau. C’est ainsi que les Anglais ont su se procurer de très nombreuses occasions, sans les convertir, mais en s’exposant.

Ajax Amsterdam - Tottenham Hotspur

Ajax Amsterdam – Tottenham HotspurGetty Images

En deuxième période, le rapport de force a complètement penché du côté des Londoniens. Le changement tactique opéré par Pochettino, avec le sacrifice d’un milieu de terrain pour l’entrée de Llorente a posé un problème insoluble à l’équipe amstellodamoise, puisqu’il a rendu son pressing obsolète. Les deux buts inscrits par Tottenham avant l’heure de jeu ont plongé les Néerlandais dans un état psychologique qu’ils n’avaient jamais connu jusque-là. Et qu’ils ont fini par payer.

Les joueurs : Lucas dans la troisième dimension

Jusqu’ici, Lucas Moura était un joueur parfois brillant balle au pied, mais brouillon face au but. La mue qu’il a entamée ces dernières semaines a débouché sur un improbable triplé, alors que les attentes reposaient plutôt sur Son Heung-min, finalement décevant. Dele Alli n’a pas été étincelant dans le jeu mais il est impliqué sur deux des trois buts de Tottenham.

Lucas Moura bei Amsterdam - Tottenham

Lucas Moura bei Amsterdam – TottenhamGetty Images

Entré dès la reprise, Fernando Llorente a changé la problématique tactique et, par l’habileté de son jeu en pivot, a mis Daley Blind au supplice. Epoustouflant en première période, Frenkie De Jong a perdu son influence au fil de la rencontre. Kasper Dolberg, titularisé pour compenser le forfait de dernière minute de David Neres, a manqué tout ce qu’il a entrepris.

Le facteur X : Le poteau de Ziyech

A la 79e minute, l’Ajax tremblait et avait même envoyé valser ses acquis dans le jeu. Mais sur un contre, Hakim Ziyech a hérité du ballon sur le côté droit avant de repiquer dans l’axe pour tenter sa chance du pied gauche, avec une frappe à ras-de-terre à une vingtaine de mètres de la cage d’Hugo Lloris. Le ballon a heurté la base du poteau gauche. A 2-2 et à une grosse dizaine de minutes du terme de la rencontre, un but de l’Ajax aurait probablement assommé les Spurs. Et tué le suspense.

La stat’ : Du jamais vu depuis 20 ans

Et si la performance de Tottenham constituait l’exploit du 21e siècle ? Depuis la demi-finale de l’édition 1999 de Ligue des champions entre Manchester United et la Juventus, jamais une équipe ne s’était imposée après avoir été menée de deux buts. Les Spurs l’ont fait, 20 ans après.View image on Twitter

View image on Twitter

OptaJean@OptaJean

2-0 – Tottenham est la 1ère équipe à s’imposer en demi-finale de Ligue des Champions après avoir été menée de 2 buts depuis Manchester United face à la Juventus en 1999. Guerriers. #AJATOT1119:18 PM – May 8, 201956 people are talking about thisTwitter Ads info and privacy

Le tweet qui résume bien le sentiment général

Pierre Maturana@pierre_maturana

Est-ce qu’on peut avoir une troisième demi-finale de Ligue des Champions, s’il vous plaît ?6899:00 PM – May 8, 2019Twitter Ads info and privacy158 people are talking about this

La décla : Mauricio Pochettino, sur BT Sport

 » J’ai encore du mal à parler. L’émotion est incroyable, merci le football. Mes joueurs sont des héros. L’an passé, j’avais dit à tout le monde qu’il n’y a que des héros dans ce groupe. Lucas est un super-héros. Il mérite son triplé. »

La question : Et si c’était Pochettino, le vrai héros ?

Niko Kovac, Santiago Solari ou Max Allegri s’étaient tous cassés les dents sur une mécanique parfaitement huilée. Les coaches de trois des plus grands clubs du monde ont tous fini par plier puis rompre devant un pressing asphyxiant, un jeu en triangle épuisant et une fougue incontrôlable. Même Mauricio Pochettino, capable de faire déjouer Manchester City, avait semblé sans idée face à la jeunesse amstellodamoise, à l’aller.

Il a tout changé en un quart d’heure, à la pause du match retour, pour renverser une situation qui semblait inextricable. L’entrée de Fernando Llorente semblait être une évidence ? Peut-être. Le choix de l’homme à sacrifier l’était beaucoup moins. Sortir un attaquant était inenvisageable pour combler un débours de trois buts.

Fernando Llorente et Lucas Moura

Fernando Llorente et Lucas MouraGetty Images

Au milieu, Moussa Sissoko n’avait rien apporté offensivement mais il avait encore été précieux sur l’intensité. Alors l’entraîneur argentin a sacrifié Wanyama, joueur le plus défensif de l’entrejeu, avec tous les risques que cela impliquait. Finalement, tous ses partis pris ont été gagnants.

Plus globalement, Pochettino a été capable de conserver la motivation et l’implication de tous ses joueurs, même quand la situation semblait désespérée, et ce constat-là ne date pas d’aujourd’hui puisque les Spurs ont évité de peu l’élimination à plusieurs reprises durant cette édition. Il a surtout su tirer le meilleur d’un groupe, sans jamais se lamenter sur le manque de recrues malgré le départ de joueurs importants, comme Mousa Dembélé.

« La personne qui mérite le plus, c’est lui, a d’ailleurs confié Hugo Lloris au micro de RMC Sport. Il est là depuis cinq ans et ce n’est pas facile tous les jours. Mais on travaille dur. Dos au mur, on a su montrer notre personnalité, notre caractère, à l’image de notre entraîneur. » Son exploit, à lui, ne s’étend pas sur un seul match mais sur l’ensemble d’une saison.

Mauricio Pochettino et Hugo Lloris fêtent la qualification de Tottenham face à l'Ajax
Publicité
Cliquez pour commenter

Laisser une Réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Publicité
Publicité