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N’attendez rien de l’État !

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Avec un taux de chômage de 63 %, une dette publique à flux tendu, des universités qui forment des chômeurs, qu’est-ce qu’il faut espérer au pays de la téranga ? Comment s’en sortir ? Qu’est-ce que l’avenir nous réserve ? Comment se prendre en main ? Comment prendre le pouvoir sur sa vie dans ce chaos du siècle ? Faut-il avoir une attitude attentiste ?

Ces différentes questions ci-haut tourmentent la plupart des jeunes et surtout les plus ambitieux. Les hommes politiques se succèdent, les programmes diffèrent, mais les choses bougent peu ou pas. Nous changeons souvent les hommes d’État espérant trouver mieux, mais toujours est-il que la déception persiste et, par conséquent, nous plonge dans une introspection sur notre propre sort et sur celui de notre pays.

Dans un monde où les pays, frappés par la crise, sont dans une politique protectionniste, raciste, nationaliste, de replis sur soi, il demeure vital de prendre du recul pour mieux avoir un impact sur sa vie et sur la société. Le capitalisme a conquis les cœurs et, même en Afrique où la notion de partage est une valeur, la vie solitaire est érigée en règle. Chacun pour soi, Dieu pour tous. Les riches deviennent plus riches et les pauvres deviennent encore plus pauvres.

Un rapport du Doing Business que j’ai une fois survolé révèle qu’au Sénégal les 5% des ménages les plus riches captent 47 % des revenus alors que 80 % des gens les plus pauvres se partagent 28 % des revenus. Cette inégalité de la répartition des richesses montre que nous sommes à la croisée des chemins. Pendant ce temps, les hommes politiques proposent des solutions qui n’arrivent pas à résoudre totalement les questions. On change les hommes, mais les problèmes demeurent. Le mal persiste. La pauvreté s’accentue. Le chômage est accru… Que faut-il faire ? Attendre toujours l’État ?

Prenez le pouvoir sur votre vie

« L’État ne peut pas tout faire » est une expression qui veut tout dire pour ceux qui veulent se frayer le chemin du succès. C’est vrai, les États ont des limites qui les rendent impuissants face à certaines équations. Jacques Attali a brillamment démontré dans DEVENIR SOI, que je recommande à tous les jeunes entrepreneurs, qu’on tend vers « une sommalisation du monde » où chacun doit prendre son destin en main afin de prendre le pouvoir sur sa vie :

« Où que vous soyez dans le monde, homme ou femme, qui que vous soyez dans la société, agissez comme si vous n’attendiez plus rien des gens de pouvoir ; comme si rien ne vous était impossible. Ne vous résignez pas ! Ne vous bornez pas à dénoncer l’ « horreur économique » du monde, ne vous contentez pas de vous indigner : l’une et l’autre attitude ne sont que des formes de lâcheté mondaine. Pour vous débrouiller, pour réussir votre propre vie, ayez confiance en vous. Respectez-vous. Osez penser que tout vous est ouvert. Ayez le courage de vous remettre en question, de bousculer l’ordre établi, d’entreprendre et de considérer votre vie comme la plus belle des aventures. »

Certains hommes politiques, préoccupés par comment prendre le pouvoir, vous font croire qu’ils vont changer votre vie. Ils sont dans la rhétorique. À vrai dire, ils changent leur propre vie, mais pas les vôtres. Votre vie c’est vous qui devez la changer et personne d’autre. Il faut regarder les choses en face : l’État n’est pas capable de permettre à chaque Sénégalais, sinon le maximum de nos concitoyens, de vivre dignement. C’est-à-dire, d’avoir le minimum pour survivre : les trois repas journaliers, les moyens de se soigner… Les citoyens meurent presque chaque jour parce qu’ils n’ont pas une alimentation saine et équilibrée. Les citoyens succombent à des maladies qui auraient été soignées s’ils avaient la prise en charge nécessaire.

Les risques qui guettent la population

Lors d’un échange avec un ami à Paris, je lui disais que vivre au Sénégal sans un travail décent est un risque. Pourquoi ? Parce qu’on peut mourir du jour au lendemain d’un infarctus, d’un AVC ou d’une maladie banale. Presque chaque jour que Dieu fait, des Sénégalais meurent d’une crise cardiaque ou d’un AVC. Les hôpitaux abondent d’hommes et de femmes malades qui meurent parce qu’ils n’arrivent pas à trouver les moyens de se soigner. Et pourtant, l’État est averti. Quand l’État est incapable de créer des conditions pour sauver la vie humaine, il faut incontestablement apprendre à sur-vivre.

Dans un article publié par Senenews il y a quelques mois, le Docteur Abdoul Kane, président de la Société Sénégalaise de Cardiologie (SOSE-CAR), révèle que  » deux (2) millions de Sénégalais risquent de faire une crise cardiaque, un Accident cardio vasculaire (AVC), une maladie rénale ou autres complications connexes « . Parce que, poursuit-il, seul 8 % des hypertendus sont contrôlés. Or, disait-il, il y a 2, 3 millions voire 2, 5 millions d’adultes hypertendus au Sénégal. Terrible révélation.

Rêvez et Osez

Tout commence par le rêve. Henry Ford, Thomas Edison, Cheikh Anta Diop, Mo Ibrahim, Maître Abdoulaye Wade… ont tous rêvé avant de mettre en œuvre leur rêve. Victor Hugo, le célèbre auteur de la littérature française du 19 ème siècle, rêvait d’avoir le talent littéraire de Chateaubriand. A force d’y croire et de se donner les moyens d’y arrive, il a eu la gloire que sa référence n’a pas eu.

Léopold Sédar Senghor a rêvé d’un mouvement qui permettra aux Africains d’assumer, d’affirmer leur négritude. Un jour, lors d’un échange avec Césaire au quartier Latin, il affirma : Césaire, il est temps que nous affirmions notre négritude. Le mot lâché, le mouvement naquit.

La meilleure solution pour se tirer d’affaire est qu’il faut se prendre en main. Il faut rêver et entreprendre la mise en œuvre de votre rêve. Il faut entreprendre. Entreprendre, c’est de mettre à profit les atouts acquis au cours d’un cursus universitaire. C’est de mettre son génie en pratique pour avoir un impact positif sur sa vie et sur la société.

Pour y arriver, il faut rompre des amarres du déterminisme, du pessimisme, de l’attentisme… Il faut croire en soi et oser. Oser c’est prendre son destin à bras le corps, s’affranchir des aléas de la vie, prendre le pouvoir sur sa vie et poser un acte de courage.

El Hadji Omar Massaly

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